Vendredi 27 octobre 2006 5 27 /10 /Oct /2006 22:46
ESCAPADE & AVENTURE SUR l'ÎLE DE LA REUNION
DU JEUDI 3 NOVEMBRE AU DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2005

MARDI 8 NOVEMBRE

Réveillés agréablement par le soleil, nous ouvrons les yeux. La plage est encore déserte, il est 7h00. Seuls quelques sportifs effectuent leur footing matinal. Sur notre droite, une haute falaise noire, effondrée en rochers, délimite les plage de Cap Homard Nord & Sud. Nous allons nous baigner, et découvrons que de nombreux oursins tapissent le sable à seulement 3 mètres du bord. Heureusement qu'hier soir, nous ne sommes pas allés plus loin!

Bivouac sur la plage

Nous décidons par conséquent de prendre notre bain d'océan sur une autre plage, celle des roches noires à Saint-Gilles. 10 minutes en voiture suffisent. Multiples baignades et farniente font le bonheur de Vladi, et la plage de sable blanc se couvre progressivement de lézards humains assoiffés de soleil. Vers 11h00, nous prenons le chemin de l'hôtel, dont les chambres se disposent autour d'une magnifique piscine.

Belle piscine, mais on préfère les bains d'océan

La douche procure une délicieuse sensation de propreté, et s'ensuit une sieste sur un lit (eh oui!) et son confortable matelas. Notre chambre, sympa et à la décoration exotique soignée, comprend un balcon presque atteint par des arbres tropicaux. Après avoir retrouvé la "civilisation", nous ne nous attardons néanmoins pas à l'hôtel, et hop! en voiture direction le bassin du Cormoran, situé non loin de l'hôtel. En 20 minutes de marche à peine, nous accédons à un lieu époustouflant: l'île n'a décidément pas fini de nous surprendre...

Un énorme bassin circulaire est alimenté par des cascades de différents débits qui rivalisent de beauté. Les eaux s'écoulent de parois rocheuses où s'aggripent des plantes tropicales qui complétent ce tableau coloré.

Un cadre enchanteur...

Je n'ai qu'une envie: plonger dans l'eau claire pour approcher à la nage les cascades. Quelques personnes, les pieds dans l'eau fraîche, semblent hésiter. Je les devance en sautant d'une plate forme rocheuse immergée, et Vladi me rejoint. Nous nageons vers les chutes d'eau, des algues nous caressent par endroit, le soleil illumine de sa présence ce moment idyllique et renforce la transparence des eaux du bassin. Nous nous hissons sur des rochers au milieu des cascades. Quelle sensation, quel plaisir et quelle chance d'être ici! Un monsieur sympathique nous prend en photo depuis les berges. Puis nous nous asseyons pour profiter du spectacle offert pendant de longues minutes. Après avoir retraversé le bassin, j'essaie de photographier le site dans son ensemble mais c'est peine perdue: aucun objectif ne pourrait en saisir entièrement la splendeur!

Séance de mannequinat pour Vladi (trop mi-mi)

Nous poursuivons en fin d'après-midi par la visite du village de Saint-Gilles, de ses boutiques et de ses étals de fruits. Nous y achetons des fruits de la passion, des girimbelles, de la papaye, des ananas, des coeurs-de-boeuf. Chez Loulou, une boulangerie-pâtisserie spécialiste des produits réunionnais, nous faisons le "plein": samoussas (poulet, poisson, fromage), cravates, bonbons miel, coco-choco, bonbons piment, pâté créole...

Le paradis réunionnais des gourmands

Sur la digue de la plage des roches noires, nous complétons ce menu pas des bières "Bourbon" et notre dégustation commence. Derrière nous, le relief des "hauts" couvert de nuages menaçants. Devant nous, l'océan. Les surfeurs profitent des dernières vagues, et forment de gracieuses silhouettes sur fond de soleil couchant. La lumière est exceptionnelle, à l'image de notre journée.

"Sunset Surfer"

Nous discutons et trinquons avec des français installés depuis peu à la Réunion. Le soleil disparaît, les surfeurs rentrent peu à peu et rangent leur matériel dans un van aménagé.

La bière Bourbon, c'est bon...
(Désolé, j'ai pas mieux, là!)

La luminosité décroît rapidement. Nous rentrons à l'hôtel pour nous effondrer de fatigue sur le lit. Bonne nuit en perspective...

Par davidf - Publié dans : dfreunion2005
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Jeudi 26 octobre 2006 4 26 /10 /Oct /2006 21:35
ESCAPADE & AVENTURE SUR l'ÎLE DE LA REUNION
DU JEUDI 3 NOVEMBRE AU DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2005

LUNDI 7 NOVEMBRE

Lorsque je sors la tête de la tente, il est 07h15. Les rayons du soleil sont d'ores et déjà à l'oeuvre pour évaporer les gouttes de rosée qui cheminent sur la toile de tente. La beauté du panorama à l'aube égale celle du crépuscule. Le ciel est bleu, une belle journée s'annonce.

Nous poursuivons à la hâte la route du volcan, et arrivons rapidement à un bélvédère qui domine la Plaine des Sables, vaste enclos poussiéreux à l'aspect lunaire traversé d'une route unique. Impressionnante diversité réunionnaise! Nous accédons en voiture à ce désert rouge et noir dépourvu de végétation par une route qui multiplie les virages en épingle à cheveux, puis nous le traversons. Nous sommes seuls et laissons dans notre sillage un nuage de poussière, l'atmosphère est surréaliste. Le paysage devient encore plus chaotique, avec des roches multicolores de toutes les formes.

Paysages lunaires

 Les nuages qui nous envahissent brusquement renforcent encore cette impression de "quatrième dimension". Nous parvenons au Pas de Bellecombe, terminus de la route, situé sur un contrefort rocheux face au volcan. L'aventure nous tend les bras...

Les nuages... Nous n'apercevons la silhouette du Piton de la Fournaise que de rares instants, et l'enclos recouvert de lave que nous devons traverser pour l'atteindre est perdu dans le brouillard. Par une série d'escaliers taillés dans la roche, nous descendons dans cette gigantesque cuvette et ne tardons pas à distinguer le Formica Léo, un joli petit cratère tout rouge datant de 1753. Nous marchons sur d'immenses plateaux de lave, et on devine facilement les coulées éruptives constitutives de ces formes rocheuses.

A l'assaut du volcan!

Le chemin à suivre est balisé au sol (traces blanches), et nous avançons méticuleusement dans une brume opaque. 50 minutes se sont écoulées depuis le début de la randonnée, et nous voici au pied du volcan à une bifurcation nommée la Chapelle Rosemont. Nous optons pour la voie d'accès la plus longue (1h30). La pente s'intensifie progressivement, les nuages s'estompent peu à peu. Vladi fait des provisions de petites pierres volcaniques magnifiques: bleues, rouges, noires, beiges, jaunes, luisantes, lisses ou rugueuses... Nous parvenons enfin au bord du cratère Dolomieu (1930), immense et encore en activité (270°C à 5 mètres de profondeur!).

Pensif au bord du cratère

Nous décidons d'en faire le tour, ce qui allonge d'autant notre itinéraire. Vers 11h00, une pause bien méritée nous permet de recharger les batteries avec eau, bananes et barres de céréales. A 2600 mètres d'altitude, avec un océan de nuages à notre gauche et le cratère à notre droite, nous nous offrons sur un piédestal rocheux une sieste sous un soleil de plomb. Mémorable, non?

Sieste sur roche volcanique et océan de nuages

Nous repartons une demi-heure plus tard, achevons de contourner le cratère Dolomieu et accédons à un autre cratère, le Bory (1791), aux parois verticales superbes. L'enclos traversé ce matin est bien dégagé, et la file de randonneurs qui chemine depuis le Formica Léo jusqu'au Piton de la Fournaise fait immanquablement penser à une colonie de fourmis. Nous redescendons les pentes du volcan par un chemin assez raide pour regagner la Chapelle Rosemont, traversons l'enclos et regagnons les escaliers. Le point de vue y est maintenant exceptionnel: je prends une photo qui se révélera au développement l'une des plus belles du séjour.

Sympa la photo, non?

L'épreuve des escaliers est "avalée" sans pause aucune, et nous arrivons à notre point de départ matinal après 6h de marche! Un sandwich bouchon gratiné et quelques instants de repos s'imposent, nous visualisons notre parcours depuis les hauteurs du Pas de Bellecombe...

Nous retrouvons la route, sinueuse, difficile, mais toujours très belle. Nous passons par le village des Makes, entouré de splendides paysages montagneux, car notre journée n'est pas terminée: le belvédère de la Fenêtre nous attend... Vers 17h, la grandeur du panorama sur le Cirque de Cilaos est impossible à décrire. Incroyable, quelle île! La beauté du site, que nous sommes seuls à contempler, est un véritable cadeau, une merveille naurelle : les ilets semblent inaccessibles, perdus parmi les sommets entre 2000 et 3000 mètres d'altitude. Une réelle puissance se dégage ce spectacle visuel, l'émotion est au rendez-vous. Grandiose!!!

Une photo qui ne permet malheureusement pas de
comprendre l'émotion ressentie devant ce site...

Une note imprévue conclut la journée: en effet, nous gagnons la côte ouest et Saint-Gilles par la route longeant le littoral (Etang-Salé, Saint-Leu, La Saline), nos bivouacs sont terminés et nous allons goûter aux joies de l'hôtel "Archipel". A 19h30, surprise: une erreur dans les dates. Notre réservation débute demain! L'hôtel peut nous accueillir, mais nous décidons plutôt de bivouaquer sur la plage de Cap Homard, près de Boucan-Canot. Nous installons nos sacs de couchage sur le sable et prenons un agréable bain de mer nocturne. Enfin, bercés par les vagues de l'océan indien, une douce nuit de sommeil nous emporte... Que nous réserve la suite de notre périple?

Par davidf - Publié dans : dfreunion2005
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Mercredi 25 octobre 2006 3 25 /10 /Oct /2006 20:34
ESCAPADE & AVENTURE SUR l'ÎLE DE LA REUNION
DU JEUDI 3 NOVEMBRE AU DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2005

DIMANCHE 6 NOVEMBRE

5h30. 1er réveil, il pleut. 6h30. Second réveil, la pluie continue de tomber. A 7h00, je réveille Vladi, nous déplions rapidement et après 20 minutes de voiture, nous arrivons au terme de la route forestière. Nous nous "équipons" légérement: sac à dos (eau, fruits, barres de céréales), k-ways et nos fidèles chaussures de randonnée. La pluie s'est arrêtée. Une belle journée s'annonce-t-elle?

35 minutes de marche nous conduisent au gîte de Bélouve, véritable carrefour dans la forêt et point de départ de multiples itinéraires. Le ciel bas et les nuages nous privent de la vue sur le Piton des Neiges et le Cirque de Salazie. Nous empruntons le sentier en direction du "Trou de Fer", et il se révèle boueux. Il devient d'ailleurs de plus en plus difficilement pratiquable: il faut sauter de pierre en pierre pour éviter la boue et les flaques profondes. Une excellente technique consiste à se frayer un chemin en marchant sur les racines aériennes des arbres. Pas évidente à mettre en pratique, mais nous l'adoptons pour progresser, motivés par la promesse d'un panorama exceptionnel. Pour gagner du temps, je saute au dessus d'une clôture et je porte Vladi sur mon épaule pour l'aider à franchir cet obstacle. 2 heures plus tard, un panneau en bois nous indique la proximité du point de vue. Nous touchons au but de l'excursion. La végétation s'éclaircit... Plus que quelques pas...

Et là, une mer de nuages recouvre le paysage! Nous entendons pourtant rugir une chute d'eau! Désormais conscient du "caractère" de l'île, nous décidons de patienter. Quelques gorgées d'eau et barres de céréales plus tard, aucun changement à signaler. De mignons petits rats aux museaux rigolos se balladent et semblent compatir à notre déception. Où plutôt se moquent-ils de nous? Plus d'une demi-heure s'est ecoulée depuis notre arrivée. Vladi s'impatiente, mais je m'obstine. Et enfin, la récompense: les nuages s'estompent peu à peu pour dévoiler en douceur un site naturel spectaculaire.

Le trou de fer

De majestueuses montagnes entourent une vallée encaissée, et une cascade gigantesque tombe de ce plateau avec fracas dans un bassin creusé dans la roche! La végétation est exhubérante, d'un vert intense, preque fluo! Des nuages s'obstinent sur les hauteurs. Je suis aux anges, debout sur une ballustrade au bord du vide, et mes yeux cherchent à fixer sur la pellicule de ma mémoire cette nature sauvage et originelle. 10 minutes. C'est le temps qui nous sera accordée par l'île pour contempler sa beauté. Elle se cache en effet à nouveau derrière un voile de nuages épais et gonflés d'humidité. Je la remercie de tout mon coeur pour ce privilège...

Sur le chemin du retour, nous retrouvons les difficultés du parcours, mais le soleil est présent. Nous en profitons avec une courte sieste ensoleillée sur un tapis de verdure, à un endroit où les arbres semblent s'écarter pour laisser passer la lumière. Nous repassons ensuite par le gîte: il y a foule, alors que ce matin, nous étions les seuls sur la route. Nous arrivons à la voiture, fatigués par 5 heures et 30 minutes de randonnée, mais qu'importe! Le spectacle méritait bien ces efforts, sans oublier la beauté du parcours et son épaisse végétation tropicale.

Je verrai bien cette plante dans mon appart'

Après le repas, nous reprenons la route à bord de notre "Modus", traversons les forêts de Bélouve et de Bébour, passons le col de Bellevue et entrons dans la Plaine des Cafres. Nous faisons une pause au village de Bourg Murat, porte d'accès au Piton de la Fournaise car l'unique route ralliant le volcan y trouve son origine. Nous achetons de savoureuses mini-bananes à un marchand qui nous indique la direction du volcan. Nous visitons également quelques boutiques d'artisanat, mais la maison du volcan, trop chère(entrée à 7€), n'aura pas l'honneur de notre visite. Nous remontons en voiture, avec l'objectif de se rapprocher du volcan pour entreprendre demain matin de bonne heure son ascension. Les paysages se succédent: tout d'abord la campagne, puis des collines qui rappellent les alpes françaises en modèle réduit. J'y fais avec l'accord d'un éleveur curieux une importante provision de bois mort, que je stocke sur la banquette arrière de la voiture. Nous traversons ensuite une forêt de cryptomérias, très jolie, puis les arbres se raréfient.

Il est 17h00. L'heure du bivouac. Nous nous arrêtons au "Nez de Boeuf" (2065m), d'où nous est offerte une vue plongeante sur la vallée de la rivière des remparts et les montagnes prisonnières des nuages. Le sommet du Piton des Neiges surpasse les nuages d'altitude et s'impose maître des lieux.

Et voilà le travail !

Je monte la tente entre quelques arbres, puis aide Vladi à décharger le bois. Elle prépare notre dîner et installe les sacs de couchage, et je dispose notre feu de camp, comme me l'a appris Yves, mon ami et guide québecois, lors d'une colonie hivernale que j'encadrais en 2004. Le résultat est prometteur.

Préparation du feu, sous les derniers rayons du soleil

A 200m de nous, une autre tente est installée. Armé de notre "punch coco", nous tentons de faire connaissance: le camp est occupé par 2 allemands. Nous engageons la conversation en allemand, puis en anglais (plus facile!): ils viennent de la "Forêt Noire". Ils ont tenté aujourd'hui le volcan, mais ont renoncé à cause des nuages. Nous les invitons à notre feu, mais ils se contenteront de le regarder de loin. Timides... Nous les entendrons rigoler bruyamment tard dans la nuit.

La luminosité décline, le panorama sur le Piton des Neiges est magnifique au coucher du soleil. Nous allumons le feu, grandiose, qui produit une chaleur agréable pendant le repas.

Vladi et la fameuse bouteille de punch coco...

Les flammes sont hautes, des étincelles s'envolent vers le ciel dégagé et parsemé d'étoiles. Ambiance romantique. Nous l'alimentons avec les derniers branchages, puis nous allongeons près des braises pour profiter jusqu'au bout de sa chaleur.
Notre meilleur bivouac sans hésitation! A 21h00, nous regagnons la tente, impatients de nous aventurer sur les pentes du volcan. Le sommeil nous gagne très vite, et nous nous endormons...

Par davidf - Publié dans : dfreunion2005
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Mardi 24 octobre 2006 2 24 /10 /Oct /2006 23:05
ESCAPADE & AVENTURE SUR l'ÎLE DE LA REUNION
DU JEUDI 3 NOVEMBRE AU DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2005

SAMEDI 5 NOVEMBRE

Réveillé par la clarté du jour à 06h30, je sors la tête de la tente et découvre le cirque de Salazie sous les premiers rayons du soleil. Nous "levons le camp", terminons l'ascension par la route, mais les nuages qui ont déjà envahi la montagne à notre altitude nous privent d'une vue spectaculaire sur le cirque de Mafate depuis le Col des Boeufs . Nous n'y voyons que du gris: une nouvelle fois, l'île se cache et refuse de se dévoiler entièrement à nos yeux.

En perdant de l'altitude, une vue du paysage

Qu'importe, nous reprenons la route pour gagner le littoral Est, et je décide après 1h30 de route fatigante (mais merveilleuse) de faire une pause: ce sera sur la plage de galets de Bras-Panon. Le soleil nous réchauffe (nous ne sommes plus dans les "hauts"), je fais une petite sieste tandis que Vladi grimpe à un arbre magnifique. Puis nous tentons la baignade, mais les rouleaux qui nous balayent sur les galets nous stoppent dans notre élan. Décidément, pas beaucoup de coopération de l'ex-île Bourbon aujourd'hui...

Promenade balayée par les vents

Vladi grimpe aux arbres, pour une fois c'est pas moi!

Nous remontons en voiture, traversons les champs de canne à sucre, puis la route devient étroite et sinueuse en direction du site de Takamaka. 30 minutes plus tard, "Elle" se dévoile enfin dans toute sa slendeur: montagnes verdoyantes, cascades vertigineuses, gorges profondes... Une vue inoubliable et sublime de beauté sauvage!

Site de Takamaka dans la brume

Avec Vladi, nous empruntons le sentier pour descendre dans cet antre impressionnant et la randonnée de 4h aller/retour se révèle à la hauteur de mes espérances les plus folles! Partout de minces filets d'eaux suintent sur les parois rocheuses recouvertes de mousse, les fleurs et les plantes rivalisent de beauté, le chemin est tour à tour forestier, rocailleux, tranquille puis sportif. Parfois des cascades qu'on ne devinait qu'à un bruit sourd apparaissent au détour du sentier et accentuent mon sentiment de bien-être.

C'est beau, c'est beau, c'est beau (j'me répète mais...)

Arrivés au terme du chemin, je me risque sur les rochers glissants, presque dans le lit de la rivière, pour approcher le bord d'un gouffre où j'aperçois un bassin alimenté par de mutliples cascades. Magnifique! Mes efforts sont récompensés, l'île serait-elle devenue une amie?

Piscine municipale

Après un repas composé d'ananas et de barres de céréales, nous revenons sur nos pas et regagnons la voiture. Le paysage est le même, mais d'une physionomie très différente: la brume présente lors de notre arrivée et qui baignait les pitons acérés s'est volatilisée. Le soleil inonde la vallée et illumine ce spectacle grandiose que je quitte à regret, car il m'est difficile d'accepter que le regard que je jette sur ce panorama est le dernier...

Takamaka se dévoile... Impressionnant !

Il est 14h00, nous sommes sur la route. Nous longeons une dernière fois la côte orientale, puis nous tournons le dos à l'océan indien pour s'engager à nouveau vers le centre de l'île et atteindre la Plaine des Palmistes. Nous nous y arrêtons, et Vladi engage la conversation avec 2 vieilles dames habitant une maison délabrée pour obtenir du bois sec (bivouac oblige!) en échange de quelques euros. La conversation est compliquée car elles parlent un créole prononcé, mais elles acceptent de nous rendre ce service. Elles refusent par contre notre argent. Nous insistons en leur proposant d'acheter des bonbons aux enfants. Nous quittons cette famille sur des sourires sincérement échangés.

La cascade du Biberon, haute de 240m, nous appelle en effet car les nuages reviennent en force. Nous traversons avec Vladi une petite forêt et quelques ravines. Nous croisons un groupe de jeunes réunionnais venus à vélo et qui écoutent de la musique au bord de la rivière. Ils nous regardent passer, je pense qu'ils s'ennuient. Cet endroit c'est leur quotidien. Nous poursuivons. Les rochers sont glissants, le sentier devient par endroits boueux. Au bout de 45min, nous atteignons la cascade, qui alimente un bassin dans lequel je décide de "prendre ma douche". L'eau est glacée, Vladi ne peut se résoudre à y rentrer. Je brave le froid et la température de l'eau me rappelle une baignade écossaise dans le Loch Ness. Brrr..! Rien que d'y penser, j'en tremble encore!

Tahiti douche

Notre ultime étape nous amène sur la route forestière n°2 qui traverse la splendide forêt d'altitude de Bébour, lieu de pique-nique préféré des autochtones. Les couleurs sont exceptionnelles, la forêt est encerclée par de verdoyantes montagnes. La forêt de Bélouve lui succède, et l'obscurité nous guettant, nous trouvons notre second bivouac du séjour près d'un kiosque en bois. Dans cette forêt humide à la végétation dense, le feu est une nouvelle fois difficile à allumer, mais notre obstination nous permettra de cuire dans les braises les merguez que nous avons achetées à Saint-Benoît. Pain, fromage, biscuits apéritifs snickers et Punch Coco rendent ce repas royal! L'obscurité est totale maintenant. Alors que nous mangeons avec appétit, nous entendons des bruits, quelque chose se rapproche. Ouf! ce n'est qu'un chat sauvage, dont nous voyons les yeux luisants dans la nuit. Il se régalera plus tard avec les restes. Une pluie éparse commence à tomber, nous nous lavons les dents et nous enfermons dans notre "nid douillet". Il est 20h. Notre seconde journée s'achève dans la chaleur de nos corps serrés...

Par davidf - Publié dans : dfreunion2005
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Lundi 23 octobre 2006 1 23 /10 /Oct /2006 22:27
ESCAPADE & AVENTURE SUR l'ÎLE DE LA REUNION
DU JEUDI 3 NOVEMBRE AU DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2005

Rentré la veille d'une colo linguistique en Irlande, je pars avec Vladi (ma petite bulgare) le jeudi 3 novembre direction l'île de la Réunion! Métro, TGV Lille - Paris, RER, métro et nous voici à l'enregistrement des bagages à l'aéroport d'Orly Sud. Vol agréable, malgré le sommeil difficile à trouver, et arrivée le vendredi 4 novembre à 06h30. C'est parti pour 10 jours!

VENDREDI 4 NOVEMBRE

Après avoir récupéré nos bagages, nous prenons notre voiture de location (Renault Modus) en un temps record, et prenons d'emblée la route du cirque de Salazie. Le temps est mitigé. Sur la route, nous nous arrêtons au marché de Saint-André pour acheter nos premiers fruits tropicaux: mangues et ananas. Puis nous nous engouffrons dans la vallée conduisant à Salazie, et là, on prend tout de suite une claque: les paysages sont vraiment impressionnants: montagnes couvertes de végétation, le vert omniprésent, des chutes d'eau et des cascades à profusion.

La cascade blanche

Les nuages sont devenus menaçants, on dirait que l'île se défend face à notre arrivée: nous voulons tout voir, nous apprendrons au cours du séjour qu'il faut savoir faire preuve de patience et d'humilité, et que les beautés de l'île se méritent.

Premier arrêt, on s'équipe (chaussures de randonnée et K-way) et après avoir demandé des renseignements à des autochtones sympas, nous prenons le chemin qui mène à la cascade du voile de la mariée. Il pleut un peu mais nous sommes heureux de marcher et de respirer après un temps de transport conséquent.

Vladi sur le pont suspendu

Nous passons sur une longue passerelle suspendue, puis par des champs de cresson et au bout d'une demi-heure, nous y sommes. La chute est jolie, mon coeur sourit, Vladi aussi. Nous restons quelques minutes, puis rebroussons chemin.

Le voile de la mariée

Les nuages nous envoient sur le retour quelques gouttes, et nous recroisons des ouvriers en train de mettre la dernière touche à une seconde passerelle (métallique et bien moins belle).
De retour dans la voiture, je décide de faire demi-tour. De la route tout à l'heure, j'ai aperçu une cascade impressionnante.

En 20 minutes de route sinueuse à souhait, nous arrivons à un endroit qui semble être l'un des points de départ pour y accéder. Vladi est trop fatiguée, et décide de faire une sieste dans la voiture. Le guide du routard me conseille de remonter la rivière en sautant de pierre en pierre, mais je trouve un chemin sur le flanc de la montagne et je m'y engage au pas de course, decidé à ne stopper ma course qu'à l'arrivée à la cascade. Je double trois personnes (originaires de Valenciennes!) et après 20 min de vrai "trail" avec un sacré denivelé, je me retrouve essouflé mais ravi dans un cadre verdoyant et humide face à la "cascade blanche", d'une hauteur impressionnante. Impossible de la photographier en entier... Je m'assois pour la contempler, je suis seul et en pleine nature, un sourire permanent s'installe sur mon visage mouillé par les embruns envoyés par la cascade...

Difficile de dire exactement combien de temps je passe ainsi, mais une pluie torrentielle me tire de ma rêverie. Je reviens sur mes pas, croise les valenciennois (ils n'ont pas beaucoup avancé), et trouve un bambou coupé dont je décide qu"il sera mon compagnon de randonnée. La pluie s'arrête. Dans la voiture, Vladi dort paisiblement. Je prends le couteau que son père m'a offert en Bulgarie, et sous un kiosque, je commence à tailler mon bambou. 3/4 d'heure plus tard, il a pris forme, et un garçon de 10 ans, les yeux brillants d'envie, en route avec sa mère pour la cascade me demande où je l'ai trouvé. Je lui indique l'endroit, il me remercie et part à toute allure en entraînant sa mère dans une course effrénée.

Je réveille Vladi, elle est déçue par le temps maussade. Nous reprenons la route, achetons de l'eau dans une épicerie du village de Salazie. Une éclaircie laisse apparaître le soleil pendant quelques instants. Face à l'église blanche du village, le soleil, la vallée, et les brumes composent un tableau exceptionnel: les cirques de la Réunion, ça change de notre quotidien urbain et ça fait du bien. Nous poursuivons notre route, et arrivons après quelques arrêts (Vladi est malade en voiture) au village d'Hell-Bourg. Nous nous y promenons à pied, le soleil chasse enfin les nuages, il fait beau (et chaud). On sent d'ailleurs que nos peaux ne sont pas habituées à un soleil si fort. Nous trouvons ensuite un point de vue exceptionnel, qui domine le piton d'Anchaing.

Vladi dans un paysage inondé de soleil

Le décor est somptueux. Nous nous y installons, les vêtements et les chaussures sèchent, Vladi bronze, et je termine de tailler le bâton de bambou, dont j'orne le sommet d'une tête de taureau sculptée grossièrement. De temps à autre, je lève les yeux sur le paysage magnifique, et je pense que je voudrais être constamment en voyage. Tout plaquer pour voyager une année entière, cette idée s'est insinuée progressivement et maintenant elle s'enracine en moi profondément. Jusqu'à sa concrétisation un jour ou l'autre...

Moi homme! Moi tailler bâton!

Dernière étape (ou presque) de route de la journée, 45 minutes de virages (je suis tenté de m'arrêter très souvent, tant les paysages sont grandioses) pour atteindre le village de Grand Ilet, où nous trouvons une pharmacie sur les conseils des jeunes du village, installés près d'une église en bois. Les médicaments contre le mal du transport s'avéreront efficaces, et éviteront à Vladi de nombreux désagréments. Il est 16h30, nous grimpons encore vers le col du Bélier, non loin duquel nous nous installons pour notre premier bivouac, surplombant le cirque de Salazie dans les dernières lueurs de la journée. Je cherche du bois pour le feu, il est humide et en quantité insuffisante. Heureusement, des aiguilles de pin serviront à l'enflammer. Je monte la tente pendant que Vladi s'occupe du repas: pain, fromage et saucisson, fruits. Le feu peine à prendre, ne nous réchauffe que très peu, et fatigués par notre première journée marathon, nous sautons dans nos sacs de couchage, fermons la tente, et tombons rapidement dans un lourd sommeil.

Par davidf - Publié dans : dfreunion2005
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