ESCAPADE & AVENTURE SUR l'ÎLE DE LA REUNION
DU JEUDI 3 NOVEMBRE AU DIMANCHE 13 NOVEMBRE 2005
JEUDI 10 NOVEMBRE
Comme promis (à moi même et à l'île), je me lève à 5h00 et emprunte à nouveau la route conduisant au Piton Maïdo. Le jour se lève, la luminosité s'accroît. Je ne croise aucune voiture. Lorsque j'arrive à 6h00, le soleil se cache derrière le Gros Morne et le Piton des Neiges. Le cirque de Mafate n'est eclairé que partiellement. Pas de nuages dans la vallée, la mer brumeuse est visible mais contenue à l'extérieur du cirque par les montagnes. Ouf!
Quel spectacle! A gauche du belvédère principal, le Piton Maïdo s'élance fièrement et fait face à un enchevêtrement de montagnes, de ravines, de vallées, de forêts et d'îlets.

Le Piton Maïdo surplombant le cirque de Mafate
Une dizaine de sommets côtoient les 2000 mètres. Les paysages sont somptueux et les îlets incroyablement situés sur de petits plateaux d'altitude. Le cirque de Mafate est définitivement le plus sauvage de la Réunion: point de voitures ici, on y accède uniquement à pied ou en hélicoptère! Les rayons de soleil qui l'illuminent progressivement sont semblables à des coups de projecteurs mettant en valeur à tour de rôle les différentes vallées, et révélant les beautés cachées façonnées par le temps, l'érosion et la nature.

Jeux d'ombre et de lumière
Je reste longtemps à observer les jeux de lumière sur ce magnifique paysage, changeant de points de vue, et m'aventurant sur des zones que des panneaux indiquent comme "non sécurisées".

Pour avoir une meilleure vue, il faut parfois s'y risquer!
Puis je décide de prendre le début du sentier vers la Brêche, un peu plus bas (10 minutes en voiture). Le chemin "monte sec" sur une formation rocheuse, puis faux plat jusqu'à un fabuleux point de vue (Le Grand Bord), d'où on surplombe le cirque de Mafate, avec à nos pieds un vide de 1500m. Le sentier se poursuit pour pénétrer le cirque, mais je reviens sur mes pas, car j'ai rendez-vous avec Vladi pour le petit déjeuner...

Point d'accès à pied (bah oui!) au cirque de Mafate
A 9h30, je m'offre un nouveau petit déjeuner gargantuesque. Je repense aux paysages grandioses que je viens de quitter, et cette matinée me conforte dans l'hypothèse selon laquelle l'île ne se dévoile qu'aux plus motivés!
Nous passons la matinée sur la plage se Saint-Leu, le site de snorkeling est magnifique. Pour acquérir de la profondeur, il faut passer la barrière de corail. Délicat moment que celui d'éviter les vagues qui nous rabattent sur nos amis les oursins! Surtout au retour d'ailleurs...

Poissons se faufilant dans le corail
Mais je passe ensuite plus d'une heure à multiplier les apnées pour découvrir par 10 mètres de fond des failles mystérieuses peuplées de poissons extraordinaires. Certains s'enfuient à mon arrivée, d'autres plus fiers semblent vouloir me faire peur. Le répertoire de couleurs est infini! Je me sens avec mes palmes comme l'un des leurs, malmené par les vagues, entraîné par les courants. Je rencontre enfin un poisson hors norme dont je partage pendant 10 minutes le cheminement dans le Pacifique: de couleur noire et blanche, ou marron-gris selon la luminosité, ses écailles bariolées et de multiples tentacules, ressemblant à des algues, lui assurent un camouflage exceptionnel pour éviter les prédateurs. Je croise également de gros spécimens de poissons perroquets, nageant à grande vitesse.
Lorque je remonte à la surface, j'aperçois Vladi au loin sur la plage, et le relief des "hauts" où je me trouvais à l'aube. Belle diversité d'activités, non?
Et attention, ce n'est pas fini! Nous quittons Saint-Leu en début d'après-midi pour poursuivre la route côtière vers le sud. Le soleil au zénith apporte une forte chaleur. Nous nous arrêtons pour une ballade sur les rochers noirs volcaniques, à mi-chemin entre Saint-Leu et Etang-salé. D'étonnants phénomènes géologiques peuvent y être observés: les "souffleurs".

Vladi près d'un "souffleur"
Les énormes vagues qui viennent se fracasser sur ces rochers propulsent en effet par endroit d'immenses gerbes d'eau, à l'image des baleines expulsant l'air quand elles viennent respirer à la surface des océans. D'éphémères arc-en-ciels se dessinent dans les embruns ainsi projetés dans les airs. Une sympathique curiosité réunionnaise à ne pas rater!
En revenant vers Saint-Leu, nous passons d'agréables instants dans la caverne de la Pointe au Sel, qui est en fait une petite crique cachée et peu fréquentée par les touristes. Nous n'y croiserons qu'un autre couple durant l'après-midi. Un petit bassin, où l'eau douce rencontre l'eau salée, fait office de baignoire naturelle aux eaux translucides. On est mieux ici (pour ceux qui recherchent la tranquilité) que sur la plage principale de Boucan Canot!

Dégustation de fruits tropicaux, au bord de l'eau
En fin de journée, des jeunes du coin investissent les lieux, et j'improvise avec eux un concours de plongeon. Puis nous décidons de conclure cette journée sur la plage de sable noir d'Etang-Salé, pour moi la plus belle de la Réunion! Le coucher de soleil, que nous observons en mangeant des frites et des sandwiches bouchons gratinés, sera quant à lui le plus beau de notre séjour, constituant l'apothéose d'une journée riche en découverte et en émotions.

Palmier majestueux
Ca fait rêver, non ;o)